Une nouvelle initiative de SDP
Bonjour et merci de me rejoindre pour ce premier article. Cette publication mensuelle disponible sur notre site web et à travers notre infolettre cherche à participer à l’application des connaissances académiques sur le terrain où œuvrent les intervenant.es quotidiennement. La mission reflète mon propre parcours académique et professionnel. J’ai moi-même débuté mon parcours d’intervenant en tant que bénévole au Centre de prévention de suicide de Montréal – CPSM (anciennement Suicide Action Montréal) durant mon baccalauréat en psychologie tandis que je me demandais si j’aimerais réellement tenter d’appliquer ce que j’apprenais en cours. Personnellement, ce fut une expérience enrichissante qui m’a aidé à me réconcilier avec la rigueur scientifique exigée par le milieu académique qui permet une plus grande assurance sur le bien-fondé des principes guidant nos interventions. J’ai ensuite eu la chance de travailler dans différents centres de crise et centres de prévention du suicide en tant qu’intervenant et suis revenu au CPSM où j’ai eu la chance de relever un nouveau défi en tant que responsable clinique. C’est durant ce mandat que j’ai redécouvert l’impact que pouvait avoir la technologie sur l’intervention en collaborant sur deux projets cruciaux : l’intervention en prévention du suicide numérique (clavardage et SMS) et l’adoption d’une première base de données pour l’ensemble des opérations du CPSM (ASO). Je me suis ensuite joint à l’équipe de SDP.
Aujourd’hui, c’est en tant que chef de produit ASO que je m’adresse à vous. Je suis fier d’occuper ce rôle au sein de l’équipe diversifiée et talentueuse de SDP. Tel que mentionné plus haut, je crois qu’une base de données telle qu’ASO représente une opportunité incroyable pour intégrer des notions innovantes qui proviennent de la recherche académique directement dans les opérations quotidiennes de votre organisme. En effet, la base de données accueille déjà une richesse incroyable de données permettant le bon fonctionnement de la ressource. Il suffit parfois d’analyser ces données d’une nouvelle façon pour déduire des pistes potentielles. D’autres fois, c’est en se munissant de nouveaux outils qu’on vient bonifier les opérations et rendre le travail plus fluide, agréable, et de nature davantage collaborative. C’est le cas pour le module mis de l’avant dans ce tout premier article : le module de discussion de cas.
Qu'est-ce que la discussion de cas sur ASO ?
Il faut d’abord rendre crédit à la Maison Grise qui nous a fait la demande initiale pour un module de discussion de cas. Après quelques échanges entre notre équipe et nos interlocutrices de la Maison Grise, les fonctionnalités principales du module ont été choisies. L’objectif premier du module était de créer un espace d’échange qui reflète la réalité 24/7 de plusieurs organismes. En effet, il est difficile de rassembler tous les membres de l’équipe qui pourraient avoir à interagir avec les personnes discutées lors des réunions d’équipe. De plus, les moments d’échange en direct, comme lors des réunions d’équipe, sont extrêmement précieux (Laurent, 2017), mais il n’est pas toujours possible de rassembler tous les interlocuteurs.trices ou de conclure toutes les discussions entamées. C’est là que le module de discussion de cas montre sa complémentarité aux pratiques existantes en permettant des échanges confidentiels entre tous les interlocuteurs.trices jugé.es pertinent.es sur un mode asynchrone.
Échanges asynchrones : comment optimiser l’efficacité des discussions de cas asynchrones
Tout d’abord, une petite définition du mot « asynchrone » : qui ne se produit pas dans le même temps. En effet, le module de discussion de cas ne cherche pas à être un outil qui supplante l’échange en temps réel qui est déjà intégré dans les pratiques de la majorité des organismes. Plutôt, il s’agit d’un module où l’on peut prévoir les suites logiques d’une discussion entamée en temps réel ou même commencer une discussion entièrement en mode asynchrone. Voici quelques principes gagnants sur l’utilisation de ce module :
– Choix des interlocuteurs.trices pertinent.es : il peut être tentant d’inclure tous.tes les membres de notre équipe dans chacune des discussions de cas. Cependant, ce n’est pas toujours le cas que la discussion en question est pertinente pour l’ensemble du personnel. Parfois, il faut user de bons jugements pour savoir quelle partie de l’équipe doit participer à la discussion de cas et quelle partie de l’équipe pourra connaître la conclusion de la discussion de cas et offrir leurs points de vue par la suite. Le module permet donc de contrôler durant l’ensemble de la durée de vie de la discussion les membres du personnel qui ont accès à la discussion. On peut rajouter et même retirer des participant.es à tout moment.
– Organisation de la discussion sous un format de forum de discussion : le choix du format initial du module de discussion de cas puise dans la familiarité que représentent les fils de discussion tels qu’on les retrouve sur plusieurs réseaux sociaux comme Facebook et YouTube. Évidemment, on ne cherche pas à reproduire le type d’échange qu’on peut parfois voir sous une publication concernant un nouveau panneau d’arrêt sur « SPOTTED : Saint-Bruno » même si ça peut être divertissant à lire. Plus bas, on souligne quelques bonnes pratiques pour que les discussions restent pertinentes et utiles.
– Exploration au-delà du modèle de forum de discussion : Gao et al. 2012 détaillent dans leur article comment nous pouvons aller au-delà du modèle de forum de discussion en intégrant notamment des avancées technologiques. Dans ASO, il est possible, entre autres, de téléverser des fichiers de tout type. Un des prochains développements du module de discussion de cas sera donc l’inclusion d’une fonctionnalité permettant d’enregistrer ses réponses en format audio. Ainsi, on retrouve les qualités propres à une réponse parlée : ton de voix, cadence de parole, intonations, etc.
– Animation et structuration de la discussion : Gilbert 2014 met l’accent dans son article sur l’importance des « facilitateurs.trices » de discussion de cas. Ces personnes jouent un rôle crucial en élaborant et présentant un résumé des faits et des objectifs désirés, encourageant la participation et en s’assurant que la discussion est orientée vers les objectifs. Il est donc gagnant d’identifier pour chaque discussion de cas la ou les personnes qui joueront ce rôle essentiel lors de la durée de vie de la discussion.
– Garder la discussion vivante : il serait dommage que les avantages offerts par le module de discussion de cas tombent à l’eau, car les discussions ne sont pas poursuivies sur ASO. Pour cette raison, des notifications visuelles surlignent en rouge les discussions dans lesquelles des réponses n’ont pas encore été marquées comme ayant été lues. La première capture d’écran montre l’onglet rouge et la deuxième capture d’écran montre le bouton [Lu].
– User des avantages de l’échange synchrone : ça peut sembler surprenant qu’on revienne vanter les mérites de la discussion en temps réel ou même en présentielle, mais la technologie a ses limites et il va de même pour la discussion synchrone. Parfois, il faut savoir reconnaître qu’on a atteint le maximum de productivité sur le module de discussion de cas et qu’il est temps d’en discuter de vive voix afin de choisir un alignement.
Il est temps de faire le changement que vous désirez !